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René CHERRIER

Frère cadet de Marcel, René Cherrier est né le 12 avril 1904 à Mehun-sur-Yèvre (Cher). Ajusteur au parc d’artillerie de Bourges et militant communiste, René Cherrier est mobilisé et envoyé près de la frontière alsacienne où il passe la « drôle de guerre ». En raison de son appartenance politique l’armée modifie son affectation à plusieurs reprises ; il est finalement envoyé en Haute-Saône où il reste jusqu’au 16 juin 1940.

Revenu à Bourges en juillet 1940, René Cherrier s’attache à reconstruire un réseau de distribution de la presse et de tracts communistes. Arrêté le 20 février 1941 suite à une distribution massive de tracts communistes, il est finalement gracié le 3 mai.

Mais l’opération « Barbarossa »* change la donne politique. Dans la nuit du 22 au 23 juin 1941, René Cherrier est à nouveau arrêté lors d’une rafle organisée par les autorités occupantes allemandes contre les militants communistes. Emmené à la prison du Bordiot, il est transféré le 30 juin 1941 au camp de Compiègne puis déporté au camp de concentration Sachsenhausen Oranienburg en janvier 1943.

Libéré et rapatrié, René Cherrier est élu vice-président du Conseil Général du Cher en 1945, puis représentant du Cher au Conseil de la République** en 1946. Il siège alors dans plusieurs commissions en tant que membre du groupe communiste et prend notamment part aux discussions sur le statut des déportés et internés de la Résistance.

En 1948, battu aux élections, il reprend son poste d’ajusteur, mais sera exclu des Etablissements Militaires en 1950 pour avoir fait campagne en faveur d’Henri Martin, opposant à la guerre d’Indochine.

René Cherrier meurt le 5 juin 1985.

* L’opération « Barbarossa » est le nom donné à l’invasion de l’U.R.S.S par les troupes hitlériennes en juin 1941. Cette attaque met fin au pacte de non-agression germano-soviétique signé en 1939.
** Chambre haute du Parlement, qui se substitue au Sénat sous la IVe République.

« Permettez-moi tout de suite de faire un retour en arrière car nos souffrances, nos luttes sont déjà anciennes. Les trusts, les 200 familles, malheureusement encore debout, sont à l’origine des malheurs qui se sont abattus sur nous. Depuis 1939, en particulier pour vendre notre pays à Hitler, par peur du peuple, on a brisé l’unité nationale indispensable, on a dissout notre parti, emprisonné ses militants ou envoyé dans des unités spéciales un certain nombre d’entre nous ; ce fut mon cas.
L’hiver 1939-1940 fut particulièrement dur pour moi. Je tiens cependant à remercier ceux qui avaient l’intention de me faire disparaître ; ils m’ont permis d’être suffisamment endurci pour passer des épreuves encore plus difficiles. J’ai utilisé contre nos ennemis les armes que j’avais à ma portée. Mon amour-propre et mes forces je les ai mis à la disposition de mon pays, de la classe ouvrière, que ce soit au dehors, dans les prisons ou dans les camps en luttant sans arrêt contre nos ennemis.
A mon retour de la guerre [en 1940], j’ai mesuré tout le poids de la défaite que nous venions de subir. Notre Parti savait que le fascisme représentait l’oppression la plus brutale, la plus sauvage et, tout de suite, nous avons entrepris la lutte contre les Boches et les collaborateurs. Nous avons dans cette lutte perdu des dizaines de milliers de nos camarades. Le Parti Communiste a été celui qui a fourni les plus grands efforts, les plus lourds sacrifices pour notre peuple et sa libération. »

(Extrait du discours de René Cherrier prononcé lors de la réception organisée par le parti communiste au retour des déportés en septembre 1945.)

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Document 1 - AD18 - AMRDC Document 2 - AD18 - 1 W 70 Document 3 - AD18 - 1555 W 14 - 1018 Document 4 - AD18 - 1555 W 14 -1018 Document 5. AD18 - 155 J 15 Document 6 - AD 18 - 568 PER 84

PS : Sources : - AMRDC : Amis du musée de la Résistance et de la Déportation du Cher - AD18 – J 2695 : Extrait du discours de René Cherrier prononcé lors de la réception organisée par le parti communiste au retour des déportés en septembre 1945 ( ?), repris dans son opuscule « Entre souffrances et haine de René Cherrier déporté-résistant : 1941-1945 » - AD 18 – 1W 70 : Tracts communistes, affiches, brochures et publications clandestines découverts ou saisis dans le département du Cher. Cabinet du Préfet. - AD18 – 1555W14/1018 : dossier constitué en vue d’obtenir la reconnaissance de la qualité de Combattant volontaire de la Résistance (CVR). - AD18 – 155 J 15 : Fonds Cherrier/René Cherrier - AD18 – 568 PER 84 : Périodique « La Nouvelle République » d’avril 1970.

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