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Gabriel DORDAIN

Gabriel Henri Dordain est né le 7 octobre 1904 à Bouchain (Nord). Avant guerre, il est fraiseur à l’usine Rosières à Lunery, près de Saint-Florent-sur-Cher, syndicaliste et membre du Parti communiste français (PCF). Après sa démobilisation, il prend la responsabilité de reconstituer le PCF dans la partie sud du département du Cher, après l’arrestation des maires de Saint-Florent (J. Georges) et Lunery (L. Martin).
Il participe à la diffusion de tracts, recrute pour le Front National de lutte pour la libération de la France ainsi que des maquisards FTPF*.
Il est arrêté le 21 septembre 1943, exécuté le 23 novembre 1943 au polygone de Bourges avec les membres du maquis de Bréviandes d’Yvoy-le-Pré.

* Francs-Tireurs et Partisans Français

Gabriel Dordain à travers le témoignage de Louis Aubouet

Louis Aubouet rentre à Saint-Florent-sur-Cher après l’armistice de juin 1940. Confronté au problème du manque de travail, il se fait embaucher au « Décolletage florentais ». Son entreprise est la première de la ville à reprendre son activité au cours du mois de septembre 1940. Peu-à-peu, les ouvriers reviennent à l’atelier. Le dernier à faire son retour est Gabriel Dordain. Louis Aubouet entre rapidement en résistance et occupe des fonctions de plus en plus importantes au sein de l’organigramme communiste clandestin, jusqu’à la Libération et la fin de la guerre.

Avant la guerre, Gabriel Dordain était secrétaire adjoint de l’Union Locale des syndicats. Il est licencié de Rosières le 30 novembre 1938 en raison de son engagement syndical et de sa participation à une grève. Il trouve du travail au domaine de la Couture, en zone occupée, après la débâcle de juin 1940. A ce titre, Dordain bénéficie d’un laissez-passer permanent qui lui permet de franchir la ligne de démarcation. C’est au cours de cette période qu’il reprend contact avec Marcel Cherrier, militant communiste de Bourges. Tous les deux mettent sur pied un commencement d’organisation clandestine.

Dans un premier temps, l’action de Gabriel Dordain consiste à faire passer des tracts du Parti communiste de la zone occupée vers la zone libre. Cette action est dangereuse, le Parti ayant été interdit en août 1939 après la signature du pacte germano-soviétique. La communication des tracts est importante car elle permet aux militants communistes de la zone libre, comme Louis Aubouet, d’avoir accès à des informations qui circulent alors difficilement. Déjà, ils dénoncent la collusion entre les occupants nazis et les collaborateurs pétainistes. Ces tracts permettent aussi de donner naissance à quelques noyaux de résistants.

Le samedi 14 avril 1941 à 15 heures, Gabriel Dordain organise une première réunion clandestine dans les bois en bordure de la Chaussée de César. Il arrive en compagnie de Marcel Cherrier, avec lequel il a passé la ligne de démarcation à Morthomiers. Marcel Royon, J.-B. Berthet, Robert Labonne, Carly, André Thomas, René Leveu, Raymond Langeron et Louis Aubouet participent à cette réunion. Ce dernier se voit confier la mission d’en assurer la sécurité. Au cours de cette réunion, Marcel Cherrier expose la situation à Bourges, explique que des militants communistes – dont son frère René – sont arrêtés et explique comment les tracts sont tirés et distribués. Pour éviter les arrestations, Cherrier insiste sur l’organisation en groupes de trois. Enfin, il distribue au groupe florentais du matériel à polycopier pour tirer des tracts.

Après l’invasion de l’URSS par l’Allemagne (22 juin 1941), Dordain échappe aux arrestations qui frappent les militants communistes de Bourges (René Cherrier est à nouveau arrêté puis est déporté, Marcel Cherrier et son fils André entrent en clandestinité). En effet, il assume clandestinement d’importantes fonctions, tout en donnant l’impression de se tenir à l’écart. Il maintien le contact avec Louis Aubouet, qui continue quant à lui à distribuer des tracts.

Dordain sent dans l’usine où il travaille que le mécontentement des ouvriers grandit. Ces derniers se plaignent des trop faibles salaires, des difficultés de ravitaillement et des inégalités qui se font de plus en plus criantes entre ceux qui se livrent au marché noir et les ouvriers qui manquent de tout. C’est dans ce contexte que Dordain et Cherrier chargent Louis Aubouet de reconstituer des syndicats avec des militants non fichés comme communistes dans les entreprises de Saint-Florent et de Rosières. Dordain se sert alors de la mise en place par Vichy de la Charte du travail (octobre 1941) pour infiltrer des militants dans le Comité social interentreprises. Il continue toujours à faire passer de la documentation et de la presse clandestine et sert d’intermédiaire entre Marcel Cherrier, qui donne les ordres, et des militants comme Louis Aubouet.

A partir du début de l’année 1943, Gabriel Dordain est chargé de canaliser les réfractaires au STO vers les maquis FTPF.

Le 16 septembre 1943, un groupe de combattants FTPF attaque un train allemand de munitions à Foëcy. Les membres du groupe sont tous tués ou faits prisonniers au cours de l’attaque. Parmi ces derniers se trouve le neveu de Dordain, Goesse, qui avait gardé sur lui une lettre de son oncle. Le 22 septembre vers 17 heures, la Gestapo vient arrêter Gabriel Dordain sur son lieu de travail à Saint-Florent. Le 23 novembre 1943, Dordain et son neveu Goesse sont fusillés par les Allemands à Bourges avec sept autres maquisards.

info portfolio

Document 1 - AMRDC Document 2 - AMRDC Document 3 - AMRDC Document 4 - AMRDC Document 5 - AMRDC Document 6 - AMRDC Document 7 - AMRDC Document 8 - AMRDC Document 9 - AD 18 - 204 PER 468

PS : Sources : Document 1 - Photographie : Amis du musée de la Résistance et de la Déportation du Cher (AMRDC) Documents 2 à 6 - Courriers de Gabriel Dordain à son épouse et sa famille écrits lors de son incarcération à la prison de Bourges : Amis du musée de la Résistance et de la Déportation du Cher (AMRDC) Document 7 - Certificat délivré par le tribunal de la FeldKommandantur 776 de Bourges : AMRDC - Dossier de Brinon – AD 18 - 53J4 Document 8 – Certificat de validation des services, campagnes et blessures des déportés et internés de la Résistance par le ministère de la Défense nationale : Amis du musée de la Résistance et de la Déportation du Cher (AMRDC) Document 9 – Coupure de journal « Le Berry Républicain » du 07 septembre 2006 : AD 18 – 204 PER 468

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