Accueil > CNRD > CNRD 2018-2019 Répressions et déportations en France et en Europe, 1939-1945. (...) > Ressources proposées par le Musée > La répression autour de la ligne de démarcation

La répression autour de la ligne de démarcation

Instaurée par l’article 2 de la Convention d’armistice franco-allemande du 22 juin 1940, la ligne de démarcation est un bon observatoire des diverses formes de répressions qui ont cours en France entre l’été 1940 et la fin 1942.
Les Berrichons apprennent la partition du territoire français le 28 juin 1940, par le biais d’un "bulletin d’information pour la population française" diffusé par le service de propagande allemand. Néanmoins, le tracé de la ligne reste flou, jusqu’à son établissement sur le terrain à partir du 12 juillet. Le département du Cher est alors coupé en deux et des mesures de répression s’abattent sur tous ceux qui tentent de franchir la ligne ou qui aident à le faire.

• Il est possible d’étudier les personnes touchées par cette répression, ainsi que les formes prises par celle-ci : arrestations, déportations, mort. Le 1er février 1941, un jeune passeur de 17 ans et les deux soldats anglais à qui il fait passer la ligne à la Chapelle Hugon essuient des tirs allemands. Les deux Anglais ne sont que blessés, mais cet exemple permet de comprendre la répression exercée ici par les Allemands, ces derniers n’ayant pas hésité à pénétrer en zone libre sur quelques dizaines de mètres.
• La présence de la ligne dans le département est aussi l’occasion d’observer la diversité des formes d’occupation, et l’exception que revêt le cas français : un pays coupé en deux, à moitié occupé par les troupes allemandes, mais dans lequel l’administration d’un régime collaborateur continue à opérer dans les deux zones. On peut le voir à travers la collaboration qui se met en place entre les acteurs allemands et français chargés de contrôler le passage de la ligne.
• Il est donc aussi possible de travailler autour du thème des acteurs de la répression : cette dernière est avant tout le fait de l’armée d’occupation en zone nord. Le commandant militaire en France dispose en effet du « pouvoir exécutif » et est seul responsable du « maintien de l’ordre et de la sécurité ». En zone non-occupée, les acteurs de la répression sont nombreux : gendarmes et divers services de police.
• Le contexte doit être pris en compte : la répression qui s’opère autour de la ligne de démarcation entre juin 1940 et l’été 1941 s’inscrit dans un contexte d’occupation jugé paisible et inoffensif par les observateurs allemands. Néanmoins, la répression allemande est d’ores et déjà sévère, de même que la répression exercée par le régime de Vichy. Le but est alors d’affirmer une présence qui imagine être durable, qu’il s’agisse de l’armée allemande ou du nouveau régime français.

info portfolio

Dans la même rubrique

Haut de page

Partenaires